samedi 23 avril 2016

J’ai vu passer Dieu entre deux nuages






                                                        Illustration de  Luce Caggini

J’ai vu passer Dieu dans entre deux nuages




Le ciel pendait de tous les côtés.
Il y avait longtemps que les talmudistes talmudaient, que les moines fondaient en méditation sous leur capuchon, que les nonnes se jetaient à plat ventre bras en croix sur les dalles froides de leurs couvents, que la voix des muezzins résonnait dans le ciel d’Allah, tous intermédiaires, tous missionnés, tous savants de la Parole.
Parole, image, saintes ou pas, fallait bien aller à la source sous peine de magnifier un Dieu ménagé, engagé, nourri, emprisonné uniquement par des artistes.
A fouiller dans la mémoire du Christ, à errer à travers les Evangiles pour trouver enfin la vérité dans une trouée de l’étamine initiée par les entités mosaïques des nombres parfaits du chiffre zéro, de manœuvre en manœuvre, de scénario en scénario, une image de Dieu s’était-elle créée en moi ? Avais-je lu et entendu la Parole ? Ou existait-Il parce que j’avais minimisé le mirage divin en montagne, de mon propre égocentrisme ?
Les gardiens de la mythologie grecque avaient eu des relations innocentes charnelles et miraculeuses avec les raisonneurs des sentiers de la connaissance. Je les soupçonnais d’avoir été immensément ingénieux pour avoir incité les réalisateurs des grands cinéastes du monde américain à devenir l’agitateur number one de ces nominés impérissables, démesurément gentillets prêts à épandre leurs indigences mentales, visages rafistolés, cramponnés à leurs oscars qu’ils gobent comme des confettis de l’Olympe. Nuée d’angéliques montures précuits des cieux de Hollywood, à musarder dans les agences les mieux rétribuées du monde sans mystère et sans art.
Chez les Dieux du monde grec ni ange ni démon.
Gérant une armée de terre, de mer, de l’air, montagnes dunes ruisseaux mers immensités ardentes menant un combat aventureux mirent leur génie à contribution. Dans un élan lumineux au rythme andalou, brassant des combats de cendres, tous animés par un marivaudage d’adultes ils semèrent la panique chez les habitants des nuées de l’Olympe et mirent le feu au mot oracle.
Dans les ravins et les replis du fameux rocher et plus haut encore à en crever les nuages, ingénument merveilleusement ce fut Apollon qui se manifesta le premier : Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

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